Femmes pour la paix 
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Résolution 1325 du CSONU
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Nations Unies S/PRST/2002/32

Déclaration du Président du Conseil de sécurité
31 octobre 2002

À la 4641e séance du Conseil de sécurité, tenue le 31 octobre 2002, à
l’occasion du deuxième anniversaire de l’adoption par le Conseil de sa résolution
1325 (2000) du 31 octobre 2000 relative à la question intitulée « Les femmes, la
paix et la sécurité », le Président a fait la déclaration suivante au nom du Conseil :

« Le Conseil de sécurité réaffirme son engagement vis-à-vis de la
poursuite de la stricte application de sa résolution 1325 (2000), se félicite de
l’attention accrue portée depuis deux ans à la situation des femmes et des filles
dans les conflits armés et rappelle la déclaration faite par son Président le
31 octobre 2001 (S/PRST/2001/31) et les réunions tenues le 25 juillet 2002 et
le 28 octobre 2002, qui attestent de son engagement.

"Le Conseil de sécurité sait gré au Secrétaire général de son rapport sur
les femmes, la paix et la sécurité (S/2002/1154) et exprime son intention
d’examiner les recommandations qui y sont formulées. Il salue également les
efforts des organismes des Nations Unies, des États Membres, de la société
civile et des autres acteurs visant à assurer la participation des femmes à la
paix et à la sécurité dans des conditions d’égalité.

"Le Conseil de sécurité reste préoccupé par le faible nombre de femmes
nommées à des postes de représentante et d’envoyée spéciale du Secrétaire
général et demande instamment au Secrétaire général de désigner un plus
grand nombre de femmes aux postes de représentant de haut niveau en vue de
parvenir à une représentation équilibrée des deux sexes. Il prie également les
États Membres de continuer à proposer des candidates afin que le Secrétaire
général les inscrive dans une base de données.

Réaffirmant l’importance qu’il y a à adopter une démarche sexospécifique dans les
opérations de maintien de la paix et les opérations de
reconstruction après un conflit, le Conseil de sécurité s’engage à intégrer une
démarche soucieuse de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le
mandat de toutes les opérations de maintien de la paix et demande à nouveau
au Secrétaire général de veiller à ce que tous les rapports présentés au Conseil
au titre de ces opérations prennent systématiquement en compte les problèmes
liés à la situation des femmes. Il demande également au Secrétaire général de
proposer une formation complète au personnel des opérations de maintien de
la paix sur les questions d’égalité entre les sexes et d’intégrer les problèmes
liés au sexisme dans les directives générales, manuels et autres procédures
établis à l’intention des opérations de maintien de la paix.

"Le Conseil de sécurité estime qu’il importe de nommer des conseillers
sur les questions de parité entre les sexes à un niveau suffisamment élevé au
Siège. Il a constaté que des progrès avaient été accomplis dans les missions,
notamment avec la création de groupes de la parité des sexes et la désignation
de conseillères dans le domaine de la parité, mais que beaucoup restait à faire
pour que l’intégration d’une démarche sexospécifique dans les opérations de
maintien de la paix et les activités de reconstruction après un conflit soit
menée avec efficacité et de façon approfondie et systématique.

"Le Conseil de sécurité s’engage à suivre une démarche sexospécifique
dans le cadre des visites et des missions effectuées dans les pays et les régions
en proie à un conflit. À cette fin, il demande au Secrétaire général d’établir
une base de données regroupant les coordonnées des spécialistes des questions
de parité et des groupes et réseaux spécialistes de la condition féminine dans
les pays et régions en guerre et, au besoin, de désigner des spécialistes de la
parité dans les équipes.

"Le Conseil de sécurité salue le rôle crucial joué par les femmes dans le
domaine de la promotion de la paix, notamment pour ce qui est du maintien de
l’ordre social et de l’éducation pour la paix. Il encourage les États Membres et
le Secrétaire général à établir des contacts réguliers avec les groupes et les
réseaux locaux de femmes de façon à tirer profit de la connaissance qu’ils ont
des répercussions des conflits armés sur les femmes et les filles, aussi bien en
tant que victimes qu’en tant qu’ex-combattantes, d’une part, et des opérations
de maintien de la paix, d’autre part, l’objectif étant d’obtenir que ces groupes
prennent une part active aux opérations de reconstruction, en particulier à des
postes de décision.

"Rappelant ses résolutions 1265 (1999), 1296 (2000), 1324 (2000) et 1379
(2001), le Conseil de sécurité encourage les États Membres, les organismes
des Nations Unies, la société civile et les autres acteurs intéressés à formuler
des stratégies et des plans d’action précis assortis d’objectifs et d’échéances en
vue d’intégrer une démarche sexospécifique dans les opérations humanitaires
et les programmes de relèvement et de reconstruction ainsi que dans les
mécanismes de surveillance, et à définir des activités ciblées qui tiennent tout
spécialement compte des contraintes auxquelles les femmes et les filles
doivent faire face après un conflit, par exemple le fait que la terre, les droits
fonciers, l’accès aux moyens économiques et la maîtrise de ces moyens leur
sont refusés.

"Le Conseil de sécurité déplore la persistance de l’exploitation sexuelle, y
compris la traite des femmes et des filles dans le cadre des opérations de
maintien de la paix et des opérations humanitaires, et lance un appel en faveur
du renforcement et de la stricte application des codes de conduite et des
mesures disciplinaires en vue d’empêcher ce type d’exploitation. Il engage
tous les acteurs, notamment les pays fournissant des contingents, à améliorer
les mécanismes de surveillance, à examiner les plaintes faisant état de fautes et
à engager des poursuites efficaces.

"Le Conseil de sécurité condamne toutes les violations des droits des
femmes et des filles dans les conflits armés ainsi que le recours à la violence
sexuelle, en particulier en tant qu’arme de guerre stratégique et tactique, lequel,
expose encore plus les femmes et les filles au risque d’infections sexuellement
transmissibles, notamment le VIH/sida."

"Le Conseil de sécurité décide de demeurer activement saisi de la question
et prie le Secrétaire général de lui présenter un rapport complémentaire sur
l’application intégrale de la résolution 1325 en octobre 2004 ».