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Allocution du Femme Burundaise Au Counseil
De Securite Des Nations-Unies
Sabine Sabimbona, Collectif des Associations et ONGs Feminines du
Burundi (CAFOB), New York, le 23 Octobre 2002
Excellence Monsieur le Secretaire General
de lOrganisation des Nations-Unies,
Excellence Monsieur le President du Conseil de Securite,
Excellence, Mesdarnes, Messieurs
Je voudrais remercier le Conseil de Se curite des Nations-Unies
pour les efforts inlassabies dont ii a fait preuve afin que la crise
burundaise trouve une Solution durable. En effet, par ses deux visites
au Burundi, ii a manifeste sa solidarite avec le peuple burundais
dans la recherche de la paix.
La paix et la se curite, sont aussi conditionnees par une participation
egale des hojnrries et des fernrnes dans tous les doinaines de la
vie sociale y compris aux prises de decision.
Si la representation politique des femmes na pas progresse
au Burundi Comme ailleurs, cest que la maniere de faire la
politique na pas beaucoup evolue.
Dans la Crise Socio-politique que traverse le Burundi, les femmes
ne sont pas que des victimes, elles ont aussi Contribue au processus
de paix. Malheureusement notre role nest pas toujours reconnu
a sa juste dimension.
La resolution l325 du Conseil de Se curite des Nations-Unies du
31 Octobre 20Q0, Si elle etait Suivie de reelle application revolutionnerait
bien des choses.Le 5femmes burundaises nont pas attendue cette
resolution pour demander ou faire ce quelle leur promet.
En effet, des leclatement de la crise au Burundi en 1993,
il y eut emergence des associations des femmes qui militent pour
la paix et qui regroupent les femmes de toutes les ethnies et sensibilites
politiques, au moment ou les hornrnes setaient enfermes
dans des ghettos ethniques.
En 1994, les femmes burundaises convaincues que lunion fait
la force, ont decide de creer le Collectif des Associations
et ONGs Feminines du Burundi (CAFOB) dont lobjectif global
est le renforcement des capacites operationnelles des associations
meTrLbres et du role de la femme burundaise dans la recherche de
la paix, la reconciliation nationale et le developpement. A sa creation
le collectif regroupait 7 associations, aujourdhui il en comprend
52.
Le CAFOB avec son projet de resolution pacifique des conflits
aujourdhui erige en association Dushirehamwe (soyons
tous ensemble) a realise un excellent travail de rapprochement
pour une meilleure cohabitation des femmes vivant dans les camps
de deplaces et celles restees sur les collines. Des visites
et conferences ont ete organises avec la diaspora.
Dans le processus de paix au Burundi, le CA~OB sest resolument
engage pour faire un plaidoyer pour la participation de la
femme en passant par les hommes politiques Burundais, le President
de linitiative regionale pour le Burundi son excellence Kaguta
Yoweri Museveni dUganda, et tous les mediateurs dans le conflit
burundais.
Grace a ce plaidoyer, le Gouvernement et 1, Assemblee
Nationale de Transition associent desormais les femmes dans leurs
activites de paix et de developpement.
Dans les negociations dArusha, les femmes du CAFOB ont Pu
avoir le statut dobservateur. Avec Ce statut elles ont chaque
fois donne des contributions ecrites et recommandations sur
toutes les questions en debat et meme sur le draft de lAccord
de paix signe le 28~ Aout 2000. Les femmes sont desormais
representees dans les institutions quoiquen nombre insuffisant.
Malgre que les femmes ne soient pas signataires de laccord
dArusha, malgre aussi les infirmites de cet accord,
elles le soutiennent car il sagit dun pas important
vers la paix.
Excellence Monsieur le President, Excellences, Mesdames, Messieurs,
Sil est vrai que lengagement des femmes burundaises
pour la paix donne des raisons desperer, ii est tout
aussi vrai que les femmes se heurtent a beaucoup de contraintes
qui Si elles ne trouvent pas de Solutions elles risquent de compromettre
leur marche vers la paix.
Il sagit notamment:
De la persistance de la guerre alors que 1arret des hostilites
etait la dividende attendue des negociations, par la grande majorite
des burundais en particulier les femmes et les enfants.
Seule la negociation et la signature du cessez le feu redonnera
espoir. Tout en deplorant que les femmes burundaises nt aient pas
ete associe aux negociations de cessez -le feu malgre
notre demande insistante, nous saluons la signature du cessez-le
feu intervenue entre le gouverneinent et deux des groupes armes
le 7 octobre 2002, nous esperons que dans les jours qui Suivent
les autres enjoindront le pas.
Le soutien materiel insuffisant des initiatives de paix des
femmes
Le probleme de sous representation aux instances de prises
de decision
La pauvrete qui tue autant que la guerre et qui se
conjugue au feminin
Le poids de la tradition qul confere aux femmes un r6le de
second plan
Le faible niveau dinstruction des femmes, 70% des anaiphabetes
Sont des femmes
La solidarite negative des hommes
Excellences Monsieur le President, Excellences, Mesdames, Messieurs,
Quoique toutes ces contraintes reuni otent a la femme burundaise
la capacite de maintenir la flamme de paix rnalgre sa
bonne volonte, nous voudrions exprimer les attentes des femmes
Burundaises.
-La persistance de la guerre au Burundi constitue un handicap majeur
au pr6cessus de paix. Si une solution a court terme nest pas
trouve les efforts consentis tant par la grande majorite
des burundais que par les Nations-Unies et la communaute internationale
risquent detre compromis car demain risque detre trop
tard.
La violence que les forces combattantes continuent a imposer
aux civils innocents sans defense est un defi lance tant aux
burundais qu a lorganisation des Nations-Unies
dont la mission premiere est de maintenir la paix dans le monde
y compris au Burundi.
Cest pourquoi, je reitere ici la requete des femmes
burundaises, a lONU et au conseil de securite, ainsi
qua lensemble de la communaute internationale
afin damener les forces combattantes a renoncer a la
violence le cas echeant les forcer~~t les sanctionner car, il est
inacceptable quune infime partie des burundais prennent en
otage la mise en application dun accord de paix Si cher a
la grande majorite de la population.
Les femmes burundaises demandent encore une fois de continuer a
soutenir ceux qui sont dans les negociations de cessez-le feu afin
daboutir a une paix durable ou il ny a fli perdant,
ni gagnant, mais tous vainqueurs.
La paix dans la region des grands-lacs sera la, lorsque
chaque pays qui la compose vivra en paix. Tout en saluant les efforts
de la CoTnmunaute internationale pour ramener la paix en Republique
Dexnocratique du Congo notre voisin~ nous leur demandons duser
de leur pouvoir afin que cette paix Si chere a la region,
nentraine des consequences negatives au Burundi.
La pauperisation excessive tue autant que ia guerre. A Paris
et a Geneve, des promesses ont ete faites, le non deblocage
de ces fonds met la population Burundaise sous embargo, cre ant
ainsi tous les ingredients a laccentuation de
la guerre.
Nous vous assurons en tant que femmes et me res vivant les
realites du terrain, que la meilleure demobilisation
se fera par le developpement. Cest pourquoi nous vous prions
dinterceder pour le Burundi afin que les fonds promis
soieflt debloques et prioritairement diriges vers
les secteurs sociaux qui touchent directement les populations a
la base specialement la femme rurale, en main de qui repose le developpement
du pays.
Les femmes burundaises demandent egalernent de les aider a
obtenir un quota precis, au moms 30% dans les instances de prise
de decision.
Elles demandent que leurs initiatives de paix soient davantage
soutenues par les Nations-Unies et la communaute des bailleurs
de fonds.
Les femmes burundaises se felicitent de la creation dun fonds
mondial pour la lutte contre le VIH/SIDA . Le Burundi, etant un
pays fortement touche par la pandemie, la pauvrete se
conjuguant au feminin, nous dernandons le soutien et lacces
facile aux medicaments a un prix abordable.
Tout en saluant letablissement du Bureau du Haut Representant
pour les pays les moms avances, les pays en developpement
sans littoral et les petits etats insulaires; les femmes burundaises
demandent au secretaire general des Nations-Unies de
pr§cher par lexemple dans la mise en application de la
resolution 1325 en nommant plus de fernmes aux hauts postes de responsabilite.
Enfin, les femmes burundaises demandent a ce que la resolution
1325 du 31 octobre 2000 soit erigee en pacte, afin dengager
tous les pays.
Je vous remercie.
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