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RESOLUTION 1325
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1325
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1325
UNITED
NATIONS
Women
and the UN
Security Council (SC)
Gender & Peacekeeping
1325 Monitor: Women &
Gender in the work of the Security Council
Gender Focal Points
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WOMEN, WAR &
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Echo
de la Femme
Promotion et appui aux initiatives feminines (PAIF), Bulletin n°
001 Février 2002
Responsable de l'édition : PAIF/NORD-KIVU
Sommaire
Éditorial
.1
La Femme au 17 Janvier 2002 à Goma: débâcle et
surprise
.1
Le Bilan d'un sinistre sur l'orbite de la femme
..2
Et comme si cela ne suffisait pas: les droits de la femme sacrifiés
.
.4
L'aide humanitaire entre le bien et le mal...
5
La reprise de la vie sera-t-elle possible pour la femme de Goma ?
.5
...Mais il faudra apprendre à vivre avec le volcan
..
.6
Editorial
Nyiragongo au Féminin
Le 17/01/2002, au moment où personne ne pouvait s'y attendre
la colère du voisin Nyiragongo, silencieux depuis 1977, s'est
manifestée tristement sur la ville de Goma. Personne n'a été
épargné, les riches comme les pauvres, les femmes comme
les enfants, tout le monde était concerné.
En quelques heures la coulée de lave impitoyable a dévisagé
et enterré les biens et les maisons sur 80% de la partie viable
de la ville de Goma. Les dégâts sont innombrables à
tel point que de milliers de familles se retrouvent aujourd'hui sans
abri ni économie.
Au moment où toutes les forces vives se mobilisent pour redonner
du souffle à la population sinistrée de Goma, PAIF ne
peut pas croiser les bras. PAIF qui oeuvre depuis 1992 pour la défense
des droits de la femme et l'appui à leurs initiatives a été
également dépouillé de tout son patrimoine qui
s'est effondré par la lave.
Comme tout le monde PAIF se pose aujourd'hui la question de comment
reprendre l'initiative. En attendant "Écho de la Femme"
se propose, à travers le titre " Nyiragongo au féminin",
de jeter un regard sur la question particulière de la femme
de Goma sinistrée.
Dans la mesure du possible cet outil d'information sera produit 2
fois par mois durant la période de crise. Il portera essentiellement
l'attention sur la manière dont évoluent ou sont pris
en compte les droits de la femme surtout en ce moment où tout
est à recommencer .
La Femme au 17 Janvier 2002 à Goma : débâcle et
surprise
Il était 11heures, lorsque les rumeurs sur l'éruption
du volcan commençaient à se répandre dans la
ville. Le démon du Nyiragongo crachait du feu pareil à
du sang et des flammes. De loin on apercevait une grande lueur rouge
et de la fumée du coté des villages de Kibati et Muja.
Personne n'osait croire que le pire allait arriver tellement on y
était pas habitué. Certains disaient presque avec certitude
que la lave se dirigeait vers Kibati, Munigi et le Rwanda. Bien plus
ce jour là tous les bureaux étaient fermés, les
boutiques et les magasins. C'était un jour férié.
Par la voie des ondes on entendait exhorter la population au calme,
à ne pas paniquer et de rester à la maison.
Mais paradoxalement vers 17 heures on voyait une file de gens en provenance
de Munigi, Ngangi, Majengo et Virunga se sauvant vers la ville et
vers Katindo. A ce moment précis la lave se trouvait déjà
au niveau du quartier Majengo. Ce fut la débandade totale à
commencer par les quartiers Virunga et Office. Cependant, en ville
d'aucuns poursuivaient paisiblement leur passe-temps. On s' inquiétait
très peu.
Pour la plupart, les femmes restées seules à la maison
avec les enfants, d'autres vaquant à leurs activités
habituelles, étaient désemparées. Fallait-il
se sauver, à l'absence des maris ? Que fallait-il emporter
et jusqu'où ? Les femmes se trouvaient ainsi obligées
de quitter avec les enfants en abandonnant tous les biens avec l'espoir
que leurs maisons allaient être épargnées. Certaines
d'entre elles tentaient de récupérer quelques objets
de la maison. On les a vues se mouvant comme des tracteurs.
Dans la débandade bon nombre d'enfants se sont égarés
déconcertant leurs mères qui à leur tour devaient
abandonner une partie des enfants à la recherche des disparus.
Après on ne se retrouvait plus.
Le soir alors qu'on venait de priver la ville de l'électricité,
il y avait une luminosité effroyable qui a éclairé
la ville comme en plein jour. Chacun prenait la direction de son choix,
essentiellement vers le Rwanda et vers Sake. Des familles entières
se retrouvant entre deux feux se sont réfugiées sur
le mont Goma , d'autres au port SNCC (Société Nationale
des Chemins de fer Congolais) en attendant un bateau de sauvetage
pour gagner Bukavu.
Le même jour, pendant que les uns prenaient les larges d'autres
s'affairaient aux pillages dans les endroits qui étaient préservés.
Même les femmes étaient au rendez-vous.
Le lendemain certains osaient regagner leurs toits quand ils n'avaient
pas disparus mais pour la plupart c'était la grande désolation.
A ce moment seulement, les autorités politiques demandaient
à la population de s'éloigner de la ville soit que l'opération
pouvait se rééditer soit qu'il fallait protéger
les enfants des effets néfastes des gaz contenus dans la lave
qui dit-on restera chaude et fumante trois mois durant.
Le Bilan d'un sinistre sur l'orbite de la femme
La marche dévastatrice de la lave sur la ville de Goma
Ce feu roulant n'avait apparemment qu'un seul objectif, d'effacer
la partie active de la ville de Goma sur la carte du Nord au Sud.
Les grands comme les petits immeubles des quartiers Majengo , Virunga,
une partie de Katindo droite et le centre ville ont été
défoncés et confondus à la lave . Sur la partie
concernée on note, la perte de 8O% des bâtiments utilitaires.
Les grands tout comme les petits commerçants ont trouvé
toutes leurs économies calcinées ou pillées quelques
heures après.
Pour ne citer que ça, on note que 11 grands commerçants
sur l'axe Virunga ainsi que les mamans vendeuses du marché
et des dépôts ont été dépouillés
de tout. C'est le cas de Mama Dana, Mme Colette Kasongo, Mwanaw'eka,
Zephanie, l'association des mamans vendeuses de poissons (AMAVEPSA),
les boutiquiers et les pharmacien (ne)s etc.
Les enquêtes menées jusque-là sur les "sans
abri" font état de 1080 maisons charriées par la
lave dans le quartier Virunga, 900 maisons dans le Majengo, 1250 à
Murara, 504 à Katoyi, 85 dans le quartier "les volcans"
(cfr bulletin du CCN, n° 001 du 02/02/2002).
En définitif, le quartier Majengo nexiste plus, la moitié
du quartier Virunga a disparu et à l'office on ne compte désormais
que quelques habitations. Presque tous les bâtiments commerciaux
du centre ville, sur l'artère principale ont été
emportés.
Des associations féminines fragilisées
Avant l'éruption volcanique, le PAIF comptait à son
actif un nombre de 30 associations de femmes partenaires réparties
géographiquement de la manière suivante:
- Dans la ville de Goma, 25 associations dont 5 dans le quartier Virunga,
2 à Kahembe, 8 à Majengo, 6 à Katindo et 4 dans
le quartier Mikeno.
- En dehors de la ville de Goma, 5 associations encadrées dont
3 dans le territoire Nyiragongo, 1 à Sake/Masisi et 1 à
Katana/Sud-Kivu.
Les domaines d'activités de ces associations sont variés
dans les proportions suivantes:
. Commerce informel 70% soit 21 associations
. Métiers artisanaux 17% soit 5 associations
. Agriculture 10% soit 3 associations
. Pêche 3% soit 1 association.
Le nombre des familles membres s'élève à 546
représentées par 534 femmes et 12 hommes.
Considérant la moyenne de 7 membres par famille, nos interventions
d'appui à l'économie familiale atteignent facilement
un chiffre de 3822 bénéficiaires directs.
Parmi les 546 familles membres des associations, 110 sont aujourd'hui
sans abri familial à la suite du volcan. Dans l'ensemble de
leurs activités, 371 familles ont été dépouillées
de leurs avoirs collectifs, soit 68% et 27 familles victimes des pillages
soit 5%
Les familles restantes, dans la mesure où elles auraient sauvé
quelque chose, se sont heurtées à de multiples imprévus
d'ordre sécuritaire alors que le taux du franc rwandais prenait
des proportions déprédatrices. Pour la plupart ces familles
s'étaient réfugiées au Rwanda où il fallait
savoir survivre.
Les mêmes familles, après la diaspora, sont restées
jusqu'aujourd'hui soumises à l'envahissement des familles sans
abri qui viennent trouver protection auprès d'elles. Les 546
familles, qu'elles aient été frappées ou non
par la catastrophe accusent un surnombre des personnes à charge.
Les données à notre portée font état de
4 546 personnes recensées pour toutes les familles.
Des lieux de leurs activités commerciales en ville de Goma,
les femmes des associations ont perdu davantage des biens entreposés
dans les espaces commerciaux endommagés tels que : - le marché
Virunga; - le marché Cadeco ; - le marché Majengo; -
la ligne OPTICO et la ligne OFFICE-Centre Ville. Mais malgré
le fiasco, les femmes de Goma ne se découragent pas. Il faut
savoir recommencer!
PAIF à ras de sol
En plus des investissements en biens meubles et immeubles qui ont
été arrachés à travers les associations
féminines encadrées par PAIF, cette association-mère
n'a pas elle-même échappé au cataclysme du Nyiragongo.
Situés, dans les enceintes de la COOPEC IMARA sur l'avenue
Président Mobutu (rebaptisée Boulevard Kanyamuhanga),
les bureaux de PAIF ont pris feu avec tout leur contenu.
"Toute l'équipe nous étions au bureau jusqu'à
14 heures lorsqu'à la radio on semblait montrer qu'il n y avait
rien à craindre. Chacun est rentré dans son quartier
presque rassuré. Vers 19 heures, la Coordinatrice constata
que la lave avançait jusqu'au niveau de la cathédrale
située à 1km au dessus de notre office. Il fallait accourir
pour tenter de sauver quelque chose, mais c'était en vain.
Le Gérant de la COOPEC avait remplacé subitement le
cadenas à l'entrée de la parcelle, on ne sait pourquoi
et sans aviser personne. Aucune procédure n'était envisageable
au moment où la chasse aux pilleurs avait commencé et
que l'on risquait de se faire assimiler à eux. Il ne restait
plus qu'à compter sur la providence.
Vers 22heures alors que nous tentions de prendre le large vers le
Rwanda, nous nous sommes aperçus que tout brûlait dans
les parages de nos bureaux. Hélas, le sort était jeté
! Le lendemain effectivement, à notre grande désolation,
nous nous apercevions que tout était perdu."
Au total PAIF s'est vu privé en quelques minutes de tout son
patrimoine précieux, comme qui dirait "oeuvre de tant
de jours en un jour effacé":
- Tous les équipements de bureau : 7 ordinateurs, un lecteur
CD externe, 3 imprimantes, 3 photocopieuses, 1 scanner, divers appareils
etc.
- Tout le mobilier : tables, chaises, armoires etc.
- Des fournitures importantes de bureau,
- Beaucoup d'autres effets précieux y compris les rapports
d'activités et les dossiers administratifs ont été
ensevelis en plus d'une somme importante d'argent destiné aux
micro-crédits rotatifs des femmes démunies de la ville
de Goma et aux frais de fonctionnement de PAIF.
Cet argent a été déclaré brûlé
dans la COOPEC (coopérative d'épargne et de crédit)
IMARA où il était logé.
Des pertes en vies humaines, pas comme les autres
Bien que le malheur qui a frappé la ville de Goma n'ait pas
fait excessivement de pertes en vies humaines, on ne peut pas ignorer
la manière tragique dont certaines personnes ont trouvé
la mort du fait de la lave. D'autre part, et sur le plan mental on
ne sait combien de personnes accuseraient aujourd'hui des troubles
psychiques et des crises cardiaques qui tuent également aussi
bien des hommes que des femmes.
Pour la journée du 21/01/2002 on rapporte la mort de plus de
60 personnes brûlées vives au moment où elles
s'occupaient à soutirer du carburant de la station appartement
à Maman Fifi au Centre-Ville. Il semblerait que les femmes
étaient plus nombreuses dans la mésaventure à
60% des victimes. Plusieurs personnes dont des femmes sont mortes
par asphyxie pendant et après l'événement. La
lave dont la température avoisinait les 1250°C pouvait
étouffer aussi bien par la chaleur que par les gaz qu'elle
contient.
Dans le quartier "les volcans" on a découvert plusieurs
jours plus tard les corps carbonisés de 2 femmes, 1 homme et
2 enfants morts certainement par asphyxie due à la haute température
dans une cave où ils s'étaient réfugiés.
Cernés par la lave, ils n'ont pas pu échapper.
D'autres personnes sont mortes par émotion en apprenant que
tous leurs biens étaient calcinés dont 2 femmes mortes
de tension cardiaque au quartier Office et 1 au quartier Majengo.
On a fait également état de femmes malades polarisées
qui ont trouvé la mort pour avoir manqué quelqu'un pour
leur venir au secours.
Même au delà de l'apaisement du volcan Nyiragongo, la
lave a continué à faire des ravages. Deux femmes, à
l'office et à Munigi, dont l'une était enceinte et 5
autres personnes se sont retrouvées dans l'embuscade de la
lave apaisée pendant qu'il pleuvait. Tous sont morts asphyxiés
et brûlés par la lave encore chaude.
Il est à noter que l'eau de pluie en contact avec la lave provoque
le jaillissement des gaz à travers une buée et de la
fumée délétères. Comme quoi la prudence
est requise à ne pas traverser la lave chaude pendant qu'il
pleut.
Hormis les circonstances liées directement à la coulée
de la lave, plusieurs femmes ont subi des ennuis physiologiques sévères
allant jusqu'à l'avortement et même à la mort
de suite des bousculades pendant la distribution de l'aide alimentaire.
A la paroisse du Mont Carmel, une femme enceinte a perdu la vie dans
ces conditions malsaines.
Et comme si cela ne suffisait pas:les droits élémentaires
de la femme sacrifiés
PAIF est une association dont l'objectif essentiel consiste à
militer pour les droits de la femme. En cette situation de catastrophe
causée par le volcan Nyiragongo, nous avons compris que les
femmes à l'instar des hommes étaient soumises à
la souffrance. Mais à certains égards quelques aspects
de considération auront attiré notre attention accompagnée
d'indignation.
Une question de dignité
Bien de compliments sont à formuler à l'endroit de nombreuses
femmes qui lors de la débandade ont dû accoucher en plein
air parfois sans beaucoup d'assistance. Et comme si cela ne suffisait
pas, peu de temps après c'est tout le monde qui se retrouve
dans les camps de réfugiés au Rwanda tout comme à
l'intérieur de Goma dans la promiscuité la plus totale.
Les familles qui se sont retrouvées au Rwanda ont été
indignées des mauvaises conditions d'accueil leur réservées.
Plusieurs d'entre elles ont été obligées de claquer
les portes pour se retrouver à Goma même sans abri.
Dans les camps au Rwanda et les sites réservés à
Goma, des familles entières passent la nuit à la belle
étoile ou dans des endroits publics. Les sites d'accueil actuellement
en fonction sont:
ITIG, Paroisse Saint Esprit, Institut Mavuno, EP. Baraka, EP Karisimbi,
Complexe scolaire la Promise, EP. Carmel, Eglise CBK Birere, Esco,
Institut Tuungane, ULPGL, Institut Majengo.
Dans ces sites, les femmes se disent fatiguées de dépendre
de l'aide alimentaire caractérisée par un certain nombre
de frustrations. Non seulement l'aide alimentaire devrait tenir compte
de leurs habitudes alimentaires, mais surtout les femmes préfèrent
être réhabilitées dans leurs activités
habituelles afin de répondre par elles-mêmes aux multiples
besoins de leurs familles. Pour d'autres, il est impensable d'assumer
convenablement l'éducation des enfants et leur équilibre
psychologique dans la promiscuité des camps.
Des femmes sans abri
Des chiffres ont été avancés concernant les familles
sinistrées à Goma. On parle de 14 400 familles comprenant
une moyenne de 100 800 individus par extrapolation de (n=7) pour la
moyenne officielle de la composition familiale . Tout calcul fait
à la lumière de ces chiffres, en considérant
un homme et une femme, 4 filles sur 7 pour 3 garçons sur 7
par famille, nous en arrivons à conclure que le nombre de personnes
de sexe féminin sinistrées serait de loin supérieur
à celui des hommes soit 55% des femmes sur 45% des hommes.
Les femmes souhaiteraient, non sans raison, que la priorité
de l'aide soit focalisée sur la réhabilitation dans
des conditions négociées et pas imposées.
Les femmes en détention
Conformément à leurs pratiques habituelles, les animatrices
de PAIF ont rendu visite à des femmes détenues dans
un amigo de la police d'intervention (P.I) au quartier "les volcans".
Ces 3 femmes interpellées pour avoir été assimilées
aux "pilleurs" se sont opposées farouchement à
la prospection dans leurs maisons par des policiers sans réquisition.
Ce qui leur a valu la peine de prison. Elles nous ont confirmé
la présence d'autres femmes incarcérées au même
endroit, mais qu'il ne nous a pas été autorisé
de rencontrer.
Nous rappelons que l'engagement de PAIF en matière de détention
de femmes s'articule autour des trois objectifs transparents qui sont:
- Comprendre et analyser les motifs de détention,
- Se rendre compte des conditions de détention,
- Aider à faire le suivi des dossiers et le cas échéant
prendre la parole en faveur des femmes jugées innocentes ou
celles qui sont accompagnées de leurs bébés.
§Nul ne peut être arrêté, détenu ou
exilé arbitrairement (Art. 9 de la déclaration universelle
des droits de lhomme )
L'Aide alimentaire entre le bien et le mal
Il a été frappant de constater cet élan de solidarité
tant au niveau national quinternational pour apporter une aide
urgente aux sinistrés de Goma. Des gouvernements, par exemple
la Belgique, l'Afrique du Sud, la Grande Bretagne, la Suède,
la Norvège, Kinshasa ainsi que les organismes internationaux
ont très rapidement consenti de l'aide substantielle à
la communauté de Goma.
Pendant que la gestion et la distribution de l'aide se poursuit entre
la société civile et les organismes humanitaires, les
femmes de Goma s'interrogent : "Qui a demandé notre point
de vue quant à la nature de l'aide ?" Et de poursuivre :
´Nous voulons bien recevoir de l'aide alimentaire mais il est
préférable d'être prioritairement logées
dans de bonnes conditions. Nous demandons d'être réhabilitées
dans nos activités du petit commerce pour continuer à
nous débrouiller par nous-mêmes. La nourriture que nous
recevons en plus de ce qu'elle ne répond pas exactement à
nos besoins, elle est distribuée dans des conditions de frustration.
Pour accéder à quelques kilos de farine on passe des
journées à courir derrière les bureaux d'enregistrement.
Quand on a obtenu le jeton, c'est la même chose avant d'être
servi. Et cela ne va pas sans casse, au milieu des bousculades et
de la bastonnade par les agents de l'ordre.™
Dans ces conditions, plusieurs personnes ont été blessées
et 2 femmes enceintes auraient été tuées dans
ce qu'il convient d'appeler "la bagarre du ventre".
La femme de Goma revisite la corvée de l'eau
Avec l'éruption du volcan, la coulée de lave est venue
interrompre les canaux de distribution de l'eau dans la ville de Goma.
Aujourd'hui des quartiers entiers se trouvent coupés de l'eau
et de l'électricité même là où la
lave n'est pas passée. Bien qu'il soit entendu que des efforts
on ne peut plus louables ont été entamés aussi
bien par la REGIDESO que par quelques organismes internationaux pour
rétablir l'eau dans certains quartiers, la question de l'eau
est redevenue une véritable corvée pour la femme.
Tout comme à la distribution de l'aide alimentaire, les femmes
doivent parcourir des longues distances pour trouver un point d'eau.
Là aussi il faut attendre parfois une demi-journée avant
d'accéder au robinet.
Dans certains quartiers on voit des femmes et des enfants (surtout
les filles) à la recherche de l'eau jusque dans les heures
tardives et même au petit matin. Ailleurs, l'on doit se contenter
de puiser l'eau du lac avec tous les inconvénients que cela
représente sur le plan sanitaire.
Une marche protestatrice des sinistrés au sujet de l'aide
Environ 2500 sinistrés de Goma se sont retrouvés dans
la rue ce vendredi 15/02/02 sous la bannière de la SOSINYI
"Solidarité des Sinistrés de Nyiragongo" pour
protester contre ce qu'ils appellent la mauvaise élaboration
des listes de distribution par le pouvoir public. S'adressant à
l'agence onusienne OCHA, les sinistrés ont proposé une
liste jugée plus objective de 13 000 sinistrés. De leur
entretien, il a été convenu d'harmoniser les listes
présentées par la SOSINYI avec celles qui sont à
la disposition du PAM, de constituer des comités de surveillance
de commun accord avec la société civile et les autorités
provinciales, d'organiser une distribution spéciale en faveur
des sinistrés qui n'ont jamais reçu de l'aide.
La reprise de la vie sera-t-elle possible pour la femme de Goma
Les femmes de Nyiragongo abandonnent la houe
Dans le Territoire de Nyiragongo, selon le dire des gens, la mémoire
collective retient qu'en période d'éruption volcanique,
les haricots ne poussent pas dans les environs du volcan. Ce qui a
fait que pour la saison culturale en cours on n'a pas semé
des haricots, puisque se dit-on qu'ils ne vont pas pousser.
Cependant, l'on peut se demander si cette crainte est fondée
lorsque les scientifiques répondent en démontrant que
la situation de l'agriculture dépendant des vents, des pluies,
de la température et de l'altitude ne pourrait être perturbée
par un phénomène aussi localisé que le volcan.
Les associations partenaires à PAIF veulent à tout prix
recommencer .
Dans les conditions de la tragédie qui a frappé fortement
l'économie des habitants de Goma, il n'est pas évident
d'envisager la reprise lorsqu'on a tout perdu. Mais les associations
des femmes oeuvrant essentiellement dans le secteur informel semblent
déterminées à se dépasser pour se remettre
tout de suite sur les rails. Quelques mécanismes de ressaisissement
mis en place par les femmes ont retenu particulièrement notre
attention. Ils sont basés sur un mécanisme de solidarité
tel que :
- le partage-redistribution des petits fonds de crédit détenus
par les membres qui n'ont pas été dépossédés,
- les femmes qui n'ont pas été sinistrées s'organisent
en mettant en jeu quelques biens de valeur qui ont subsisté
en famille,
- d'autres sollicitent des petits crédits en espèce
ou en nature auprès de leurs anciens créanciers, question
d'amitié et de crédibilité.
Au vu des problèmes que PAIF a connus, certaines des associations
féminines, telle que AFM, MAJIRANE, MKATE SAFI, AMAVES se sont
mobilisées pour nous venir en aide, ce dont nous leur sommes
très reconnaissants.
Au total 17 associations parmi les 30 partenaires de PAIF ont repris,
tant soit peu, leurs activités. Pour la plupart, elles sont
recensées dans les domaines essentiels du petit commerce de
spéculation et quelques peu dans le domaine agricole.
...Mais il faudra savoir vivre avec le volcan
De part les frustrations qu'elles ont subies à la suite de
l'éruption du volcan Nyiragongo du 17/01/2002, certaines femmes,
et pas elles-mêmes, semblent ne plus rien espérer de
l'avenir. D'aucunes pensent que la vie à Goma et ses environs
n'est plus possible. La conscience de ce volcan toujours présent
et en mesure de se manifester à chaque instant horrifie encore
plus certains esprits.
Toutefois, rendons-nous compte que le volcan est un voisin permanent
et dangereux sur lequel nous n'avons pas d'emprise réelle.
Ainsi les hommes avertis nous suggèrent-t-ils d'adopter un
certain nombre de comportements:
- Être attentifs aux consignes qui seront données
régulièrement par les spécialistes des volcans;
ceci suppose que le système d'observation du volcan aura été
renforcé.
- Être prêts à vider les lieux en cas d'alerte
officielle attestée par les personnes compétentes en
la matière.
- En cas d'éruption volcanique, éviter de marcher sur
la lave chaude et fumante pendant la pluie.
- Éloigner les jeunes enfants de la sphère de la lave
récente.
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