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Echo de La Femme: Bimensuel de Communication et de Solidarité au Respect des Droits de la Femme
PAIF, numéro 008 du 04 Juillet 2002

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  • Sur l’Orbite des Droits Humains
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  • Pour Votre Bonne Humeur

Editorial

´Nous devons lutter pour notre Brésil, mes Frères. Moi, j’ai le ventre plein mais nous sommes plus esclaves que du temps de l’esclavage ª P.Linhart ; Le sucre de la faim.

P.Linhart ; Le sucre de la faim.

Au regard de cette phrase pathétique que nous retenons d’un éminent Animateur Social Brésilien et en regardant autour de nous, nous avons l’impression qu’au fur et à mesure que les jours passent, chez nous rien ne veut se passer. Tous nous ne faisons que perdre l’élégance, le sens du beau et nous avons l’impression que nous perdons la tête.

Nous aspirons, certes vers la Démocratie, un Etat de Droit, le Développement, le Bien-être Social, la Mondialisation, le respect des Droits Humains mais chaque jour nous en effaçons les soubassements, la toile de fond.

Comme le montrait le même acteur social, en ces temps-là, les ouvriers des plantations sucrières se plaignaient de mourir de faim avec tous les documents du monde : contrat de travail, attestation de service, certificat sanitaire etc. Je crois que nous-mêmes avons urgemment besoin de revenir à notre bonne conscience.

 

Sur l’Orbite des Droits humains

Les cartes pour Citoyens inculpees au Nord-Kivu

Depuis trois semaines, les autorités du RCD ont fait ériger des barrières à quelques lieux du trafic routier notamment sur la route de Sake, près de ESCO et à Munigi. Là, des soldats du

RCD et alliés sont piqués sous prétexte de constater les mouvements de la population (entrées et sorties). Cependant, à cet effet, plus d’une personne se plaint. Les soldats de la barrière ravissent systématiquement les cartes d’identité aux passagers en leur restituant les photos passeport y accrochées. Ils ne recherchent ni infraction ni ne donnent aucune explication et n’épargnent personne. Tout compte fait, la pratique en cours donne l’impression à toute une population d’être en état d’arrestation permanente et de prise en otage.

Pour ceux dont on a pris les papiers, ils ne peuvent pas se mouvoir librement pour ne pas avoir de nouveaux ennuis. Pour les autres, ils ne peuvent plus se déplacer librement sans craindre de se laisser attraper par les ravisseurs qui prendront leurs papiers. Pourquoi finalement tant de supplices ? Avant d’en savoir plus, les rumeurs ont couru selon lesquelles les cartes étaient remises à des étrangers au site ESCO.

Mais sans devoir nous conformer aux rumeurs nous avons eu l’honneur d’entendre s’expliquer le Maire de la ville de Goma à ce sujet, ce mercredi 3 juillet, à la Radio Okapi. Selon ses propos, le Maire de la ville reconnaît que c’est le Pouvoir qui a commandité l’installation des barrières, serait-il, pour des raisons sécuritaires. Il déclare avoir en sa possession 530 cartes qu’il compte restituer aux propriétaires pour ceux dont les papiers seraient jugés convenables ou ´ un tenant lieu ª pour d’autres moyennant 2 $ US.

De toutes façons, cette procédure, pour le moins policière, suscite remouds et frustrations au sein de la population de Goma qu’elle suggère les remarques pertinentes ci-après :

¨ Depuis plus de 20 ans et notamment en territoires occupés par le RCD, personne n’a imprimé de nouvelles pièces d’identité en remplacement des cartes vertes du temps de Mobutu,

¨ Les gens savent que le Maire de la Ville de Goma ne manque pas d’alibi pour écouler des attestations de perte de pièce fabriquées dans son bureau et qui en aucun cas ne sont susceptibles de remplacer valablement une pièce d’identité conforme. Il y a de quoi penser à du business !

¨ Est-il pensable d’accepter de payer une attestation de perte de pièce pour un document que l’on n’a jamais perdu ?

¨ S’il est un besoin pour que les vieilles cartes soient supplantées par des attestations provisoires, pourquoi ne pas user des méthodes moins autocratiques en invitant la population à se présenter aux bureaux de l’état civil pour changer de papiers ?

¨ D’aucuns parmi les victimes du rafle n’habitent pas à Goma et ne sont pas régis par la Mairie de Goma. Qu’en sera-il de leur sort si par ailleurs au cours de leur voyage ils étaient assimilés à des ´ sans papiers ª et que sais-je ?

¨ Et les rumeurs !

 

 

Le Bourbier du Site ESCO

Depuis la cessation de la donation gratuite des vivres, il y a plus d’un mois au Site ESCO la bureaucratie a complètement changé d’aspect. Enfin, le retrait de l’aide aura eu raison de la gabegie administrative du site. L’Aristocratie qui ne se justifiait que par la fraude des vivres destinés aux sinistrés ne pouvait que s’effriter avec la fin de l’aide. Bien entendu quelques raisons continuent à présider à l’existence du comité notamment :

¨ la gestion de quelques apports en non-vivres par les ONGs Humanitaires,

¨ l’organisation des recensements rémunératoires,

¨ l’arrivée de nouveaux habitants en provenance de Mudende au Rwanda.

Un sinistré tout proche du Comité rapporte qu’il y a plus ou moins 1 mois, l’UNICEF avait fourni du matériel notamment des bâches, des casseroles etc. Le Comité les a vendues soit disant pour construire des hangars dans le but de loger les nouveaux arrivants de Mudende. Interpellé par les sinistrés du site et principalement ceux en provenance de Mudende, monsieur le Président rétorque en disant : ´ Ce n’est pas votre affaire ! Moi, je vends la journée, au su et au vu de tout le monde et en dollars. Vous pouvez aller vou plaindre partout où vous voulez. ª

En même temps le Comité et les Chefs des quartiers organisent des recensements dont la crédibilité reste à mettre en doute. Pour être recensé, il faut payer entre 100FC et 1$ soit 250FC.

Tout d’abord l’on se demande pourquoi les sinistrés doivent-ils payer pour se retrouver sur une liste et à quoi servira cet argent ! Ensuite, l’on sait que les sinistrés de Mudende n’ayant pas été filtrés à leur arrivée, un foisonnement de vrais et de faux sinistrés ont dû s’installer au site ESCO. Selon les sinistrés en provenance de Mudende, à l’effacement du site de Mudende au Rwanda, plusieurs faux sinistrés à savoir ceux-là qui étaient en transit dans le même camp que les sinistrés de Goma n’ont pas fait autrement que de se joindre aux autres et faire route ensemble vers ESCO.

Ainsi l’existence au site ESCO se complique-t-elle au point où en plus du désordre structurel y observé on ne sait plus qui est sinistré et qui ne l’est pas. Bien plus on ne sait pas qui est sinistré de Goma et qui est Réfugié stratégique du Rwanda. Nous pensons, à cet effet qu’il sera utile d’y voir plus clair et d’envisager des recensements objectifs en fonction des quartiers d’origine.

Arrivés au Site ESCO, il y a 4 semaines les sinistrés en provenance de Mudende n’ont pas fait l’objet d’un bon accueil. Aucune disposition n’a été prise pour leur installation ainsi que la survie. Pour bien faire, les chefs du Site ont dû prendre en otage un champs de manioc appartenant à une pauvre veuve du voisinage du Site. Les maniocs et les patates douces ont été récoltés précocement et à l’absence de la veuve. Une infime partie seulement de la récolte a été donnée à la propriétaire et comme pour un soulagement on lui a garanti le transport du champs vers son domicile.

Mais cette façon de replacer les gens n’aura été ni convaincante ni pour le moins soulageante . Il y a environ 2 semaines, ces derniers se sont soulevés et voulaient se rendre plutôt au site ITIG. Ils se remémorent le bonheur qu’ils avaient au Rwanda comparativement au site ESCO où personne ne fait rien pour eux. En route vers le Site ITIG, l’auto blindé du site ESCO ( KIFARU) les a pourchassés. Ils ont été frappés sévèrement et blessés par des Soldats armés. Cinq personnes parmi eux se sont retrouvées au Centre de Santé du site où elles étaient soignées.

Au Site ESCO, la peur s’installe. Des chuchotements dans les coulisses on entend s’interroger sur la présence des éléments Rwandais dans le site et sur leur identité : Saboteurs Tutsi ? Infiltrés Interahamwe ? A qui avons —nous à faire ?

Mais ce qui fait encore plus peur à tous les Sinistrés du Site ESCO, c’est de ne pas savoir ce que l’on reste à y faire.

Ayant appris que les parcelles promises au Lac Vert et à Mugunga ont été toutes loties et attribuées, les Sinistrés sont rebutés. Plusieurs parmi eux quittent le camp puisqu’ils n’espèrent plus rien. Cependant, ils n’en sortent pas moins chagrinés en s’apercevant de la catégorie de sinistrés qui ont fait fortune sur leur dos. De la vente illicite des vivres et d’autres effets destinés aux sinistrés certains parmi les notables se sont procuré jusqu’à 2 voitures de luxe et des biens précieux. On cite notamment le Président Bivegetti. Les mêmes sinistrés rapportent des mariages pompeux et garnis de quelques uns d’entre eux, à des jeunes femmes dans le site : dots faramineuses, cadeaux ostentatoires etc. A vaincre sans péril on triomphe sans Gloire.

Il y a quelques temps l’on décrétait la fin du site ITIG alors que vraisemblablement quelques 31 personnes parmi celles qui n’étaient pas recensées étaient restées dans l’enclos. Il s’agit des Sinistrés retardataires arrivés pour la plupart de Bukavu. Ces 31 familles attendraient d’être réhabilitées avant de libérer le site ITIG. Parmi elles, une femme originaire de Lubao au Kasaï a préféré retourner dans son village natal. Le Frère Honorato a dû débourser 162$US pour son transport jusqu’à Lubao. Mais pendant qu’on y est, les sinistrés du site ESCO forcent de déménager pour aller habiter à ITIG.

Le mercredi 26/06/2002 , 200 familles selon les propos du Comité sont venues à ITIG. Selon leur dire, les Sinistrés en fuite accusent les conditions insupportables auxquelles ils sont soumis à ESCO :

¨ L’insécurité grandissante générée par la présence des soldats Rwandais dans le site,

¨ La faim ayant trait à la rupture de l’approvisionnement en vivres,

¨ La magouille du Président du site qui se permet de vendre, à son propre compte, l’aide destinée aux sinistrés à des personnes extérieures,

¨ L’apprentissage forcé des jeunes à manier le fusil. Les soldats Rwandais recruteraient les jeunes pour les préparer au service militaire,

¨ Certains parmi les sinistrés disent qu’avec la présence de l’auto blindé parqué au site ESCO, un jour on risquerait d’inventer une histoire d’Interahamwe dans le site pour leur causer du tort.

¨ Des faux sinistrés bénéficient de l’aide qu’ils vont vendre ailleurs.

Consécutivement, le vendredi 28 et samedi 29 juin 2002 le Maire de la ville est passé au site ITIG pour persuader les fuyards à regagner le site ESCO mais il n’a pas été entendu. C’est alors que le Gouverneur a dû se déplacer en personne escorté de soldats qui ont tiré en l’air pour disperser les sinistrés désobéissants. Certains parmi eux ayant réagi par la résistance ont été gravement tabassés.

14 blessés ont été identifiés dont : Malembo Nzanzu, Emmanuel Kayembe, Mme Zawadi, Mlle Maombi, Mr Lumo, Mme Kiza Stella, Mme Uwera, Mme Safi Kalenga, Mme Kampire Shushu, Eugénie Sabanimana.

Mr Emmanuel a été blessé par un coup de crosse au front, Mr Lumo par un poignard au niveau de la tête, Mme Kiza a reçu un couteau à la joue etc.

De ce fait, les sinistrés ont dû abandonné le site ITIG et leurs biens qui sont, semble-t-il, gardés par la ´ Local Defense ª. Plusieurs d’entre eux disent que

leurs effets sont perdus (matelas, radios etc.) et que la ´ Local Defense ª s’approprie des vivres qu’ils ont laissés.

Avant la fermeture du site, une Religieuse qui s’occupait de la consultation prénatale des femmes enceintes au site ITIG en avait recensé 13. Pendant que le Frère Honorato se préparait à aller en vacances, il a octroyé 13 ´ demi-super Wax ª et 8 dollars par personne pour la sortie de la maternité. Pour le cas particulier de madame Ange qui avait accouché par césarienne, le Frère a payé

62 $US. Le Frère Honorato apporterait assistance à tous les malades du site quand bien même ils seraient rentrés dans les quartiers et les fait soigner au Centre de Santé de Kasika.

Mais le Frère n’a pas la paix à cause de sa bienveillance. Les hommes de la sécurité l’accusent d’être à la base du remue-ménage qui intervient au site ESCO. Ils disent que c’est à cause de lui que les sinistrés arrivent en masse à ITIG.

Entre-temps, monsieur Fataki Mathieu, Secrétaire du Comité du Site ITIG a été appréhendé, interrogé et acheminé jusqu’au marché de Kahembe par la force armée. Monsieur Fataki a été mis à tabac pour dire que c’est lui et son comité qui occasionneraient le déménagement des sinistrés du site ESCO vers ITIG.

En date du 28/06/2002 la Police s’occupait à la destruction systématique des tentes érigées par les nouveaux sinistrés du site ITIG. Mais ces derniers n’ont pas accepté de déguerpir. Ils disent qu’ils sont prêts à mourir et qu’on les enterre aux cimetières de l’ITIG.

Nous pensons qu’il est grand temps que les Humanitaires fassent la part des choses afin de replacer ces sinistrés errants qui ne savent plus à quelle porte frapper.

Aujourd’hui, même si l’on oblige les gens à se cantonner au site ESCO, ils n’y resterons pas éternellement. Les autorités doivent savoir que c’est dans leur intérêt qu’elles feraient mieux de chercher à résoudre la question des sinistrés de ESCO plutôt que de contraindre pour contraindre.

´ Activistes des Droits Humains, nous ne pouvons pas fermer les yeux devant ces milliers de prisonniers parfois innocents, parfois sans condamnation qui pour une raison majeure ou mineure sont enfermés dans des conditions inacceptables et trop souvent sans avoir été écoutés. Tous s’en sortiront, sait-on, pourvu qu’ils donnent de l’argent ª.

Pour PAIF la justice doit être faite au prorata des délits et du respect des procédures et de l’humanité. En prospectant les prisons et les cachots, nous voulons rencontrer et plaider pour les nombreux cas des personnes détenues irrégulièrement. Il faut nous enquérir des conditions et des motifs de détention. A ce effet, nous nous

insurgeons constamment contre les arrestations arbitraires prolongées pour une affaire civile et souvent sans avoir été entendu.

La situation particulière des femmes dans les prisons, les cas des tortures et l’incarcération des mineurs pour n’importe quel motif sont également à la base de nos préoccupations.

(Extrait de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)

¨ Article 5. Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants.

¨ Article 9. Nul ne peut être rbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

¨ Article 10. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial.

¨ Article 11. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit légalement établie.

Derriere les murs de la prison a Goma

Ces derniers jours, autant les lieux de détention se multiplient, autant les fautes à sanctionner ne manquent pas. A Goma, presque dans chaque quartier on trouve un cachot et des détenus. Les quartiers qui n’ont pas d’infrastructures pour installer un cachot transfèrent les détenus dans les cachots des quartiers voisins ou les prisons officielles. Mais au parcours, beaucoup d’irrégularités sont observées dont il est impérieux de dénoncer les principales, notamment :

¨ le recours à la torture,

¨ la privation de nourriture aux prisonniers ou l’exigence d’un pourboire à ceux qui apportent la nourriture,

¨ le payement d’amendes forfaitaires de sorte que même quand on s’est acquitté on peut continuer à écoper la peine,

¨ la privation des visites aux prisonniers,

¨ le refus des soins médicaux aux prisonniers malades,

¨ l’incarcération à plus de 48 heures sans procès verbal même pour des raisons qui n’en sont pas,

¨ L’initiation des mariages forcés en cas d’ ´ engrossement. ª

La Prospective des Droits de la Femme

¨ Stéphanie, 28 ans, a été battue par son mari qui l’a grièvement blessée. Désolée de ce traitement indigne, la femme ne veut pas être soignée. Comme le mari se fait hostile à elle, Stéphanie préfère la mort à la vie. Amenée de force à l’Hôpital par ses amies, elle en est partie sans avoir été soignée.

¨ Evelyne a 35ans. Perchée sur un Camion de transport public, un jeune militaire imprudent a laissé actionner son arme dont une série de balles ont été lâchées sur le corps de la femme. Le Soldat qui a été appréhendé et arrêté à Kiwanja a été repris

quelques jours après par son Commandant pour l’amener ailleurs.

Au Centre de Santé où elle se faisait soigner, elle a bénéficié de la grâce d’une femme de bonne volonté pour payer la caution exigée avant toute intervention. Mais en sortira-t-elle tant qu’elle n’aura pas payé la totalité de sa facture ?

¨ Au Quartier Mapendo, une femme a été enrouée de coups et tuée par la petit frère de son mari. Frappée sévèrement par son mari, la femme lui a échappée pour se réfugier chez ses parents. Le petit frère n’a pas voulu en rester là. Il a poursuivi la femme jusque chez elle et l’a assommée par des coups et blessures volontaires. Le mari est au cachot, le petit frère probablement en fuite. Et après !

¨ Une jeune fille de Rutshuru est incarcérée à Munzenze pour s’être bagarrée avec une jeune femme de son voisinage. Pour toute bonne raison de conflit, la fille de passage à côté de la maison de sa voisine s’était exclamée en disant : ´ Décidément on ne prépare que des bananes dans cette maison ª. La voisine irritée s’est emportée et la guerre a commencé. Elles se sont mordues mutuellement mais curieusement c’est la jeune fille qui se retrouve au cachot. On dit que le dossier a été transmis au parquet de Grande Instance de Goma mais la plaignante ne se pointe pas. Mais, peut-être qu’il y a des choses cachées.

Au marché de Virunga les femmes se sont ravisées et se transmettent discrètement la nouvelle à l’oreille : ´ Un vieux gaga serait majestueusement assis là bas dans un coin du marché, sur un escabeau. Devant lui un sachet de bonbons soigneusement gardé, dit-on, pour faire cadeau à des jeunes fillettes qu’il chercherait à violer.

Dans les parages, deux mecs du même genre et de même style se pavanent. Ils sont apparemment oisifs. A les voir d’emblée, on peut penser soit à des vieux sorciers ou des indigents. Ravisez-vous également pour savoir si vos enfants ne courent pas le danger de s’y laisser prendre.

 

La page Economique et Sociale

 

Les 30 associations partenaires de PAIF dans le domaine du crédit ont repris quoi que difficilement après avoir perdu tout ou presque tous leurs avoirs. Ayant reçu quelques dons modestes en plus du recouvrement volontaire des petits prêts solidaires, les 30 associations ont pu reconstituer, minime soit-il, un nouveau capital allant jusqu’à 15% du patrimoine antérieur.

Pendant cette période cruciale de l’assistance humanitaire aux sinistrés de Goma les prix des vivres sur le marché ont été fortement concurrencés. Les femmes vendeuses essentiellement ont été pénalisées par la dépréciation des prix et la perversion de la demande pendant les urgences.

Alors que les grossistes des produits manufacturés venaient à la rescousse de leurs clients traditionnels pour les aider à refaire leur capital, les femmes occupées à 80% des produits vivriers n’ont pas bénéficié d’un tel renforcement.

Bien plus on a assisté à de fortes pressions, des sollicitations accrues et des ponctions par les multiples services de l’administration publique surtout sur le marché des produits vivriers. Ces types de rançonnement se sont manifestés au marché de Kituku, à Byahi et à Majengo. Les petits commerçants en provenance de Bukumu et Munigi sont accablés des taxes de tout genre.

Sur ces entrefaites, nous ne manquons pas de louer les efforts particuliers démontrés par certaines des associations féminines, le cas de AMAVES qui en dépit des secousses a pu se remettre debout.

Considérant les difficultés qu’éprouvent les associations des femmes agissant dans le secteur informel à reprendre le souffle après la catastrophe du Nyiragongo. PAIF en appelle à la solidarité des ONGs d’appui au Développement pour avoir un regard bienveillant à la reconduction des petites activités économiques des femmes. Point n’est besoin de démontrer que dans la plupart des cas ces activités informelles des femmes constituent la seule source de revenu familial. Elles ont besoin d’être renforcées pour plus d’efficacité.

Nous en référons également aux pouvoirs publics et leurs services des taxes pour assouplir les prélèvements sur les petits capitaux de la débrouille des familles sans ressources réelles. Il faut surtout mettre fin aux taxes irrégulières et forfaitaires qui sont devenues monnaie courante.

 

Pour Votre Bonne Humeur

 

¨ Un jour Grand Chat en compagnie de Chaton, sa fillette, avait pris la décision d’aller se ravitailler dans un poulailler du village. Pendant que Grand Chat sortait du poulailler et que la petite courrait après lui, les villageois avisés accouraient pour les attraper.

Alors que Petit Chaton perdait le souffle et que l’un des assaillants la tenaient presque à la queue, elle criait derrière Grand Chat, sa mère : ´ Maman ! Laisse tomber le poulet, ces gens nous poursuivent, ils vont m’attraper ! Et Grand Chat de rétorquer : ´ Prends courage ma fille, tiens bon puisque ce n’est plus le poulet que l’on recherche, c’est plutôt notre peau ª.

(Conte Shi traduit en français par Eugène B.)

¨ Alors qu’il n’était même pas sinistré, un Pasteur Protestant avait décidé de venir s’installer au site ESCO pour bénéficier de l’aide comme tout le monde.

Mais le pauvre n’en est pas sorti indemne. Quelques jours après, on l’a retrouvé mort dans le site. Personne ne sait de quoi. N’avait-il pas confiance à la charité légendaire des fidèles ou voulait-il en avoir plus !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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